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Etude sur les produits locaux

Mangeons local dans le Sud !

Les résidents demandeurs

Résultats de l’enquête sur la demande des consommateurs en produits alimentaires locaux (PAL)

Image par pasja1000 de Pixabay 

Contexte

Alimentation durable

Dans le cadre de la Minett UNESCO Biosphere, le syndicat PRO-SUD a fait de l’alimentation un enjeu de développement territorial. Son objectif est de valoriser les ressources alimentaires locales et bio-locales en circuits courts pour répondre à différents enjeux :

Un avenir pour le circuit court ?

Pour savoir si une demande des consommateurs existe, les communes, soutenues par le ministère en charge de l’Aménagement du territoire, et le centre de recherche Luxembourg Institute of Socio-Economic Research (LISER) ont lancé une enquête en novembre 2020 et en février 2021 auprès d’un échantillon représentatif des ménages de la région Sud.

Grâce à la participation de 824 ménages habitant dans la region Sud, un premier diagnostic sur leurs habitudes et attentes a été réalisé.

L’enquête met en lumière

L’existence d’une demande en produits alimentaire locaux

Les résultats de l’enquête illustrent d’une part la volonté des habitants de la région Sud à consommer davantage des produits locaux et démontrent, d’autre part, une marge de progression intéressante de leur consommation pour autant que l’offre soit conséquente. Ainsi :

  • 86 % des participants déclarent avoir consommé des produits locaux au cours des trois derniers mois
  • 55 % en achètent chaque semaine
  • en moyenne, 38 % se disent prêts à augmenter leur consommation en produits de leur région. Cette moyenne grimpe à 60 % et 65 % pour les fruits et les légumes.
  • Actuellement, près de 45% des répondants déclarent dépenser au moins 50 euros par semaine pour l’achat de PAL
  • Dans le futur, plus de la moitié des répondants (54%) sont disposés à payer un PAL au moins 5% plus cher.
  • Enfin,les ménages considèrent que leur vente/achat doit prioritairement soutenir l’activité des producteurs du territoire. Ainsi près de 60 % seraient disposés à augmenter leur consommation s’ils avaient la pleine certitude de faire vivre les producteurs locaux

 

Il en ressort également que la quasi-totalité des participants, dont 41% exercent une profession d’employé-ouvrier, sont prêts à modifier leur menu avec pour objectifs de limiter aussi bien leur empreinte carbone que de respecter les produits de saison.

En projetant leur consommation à l’avenir, 14 % sont disposés à effectuer leurs achats en vente directe contre 7,5 % actuellement. Cette prédisposition concerne notamment l’achat de fruits et légumes (19 %), d’œufs (18,5%) et de miel (17,5%). Alors que les magasins bio semblent jouir d’une clientèle stable dans le temps, 20 % des participants contre 12,5 % se disent prêts à acheter davantage de produits dans leurs commerces traditionnels : ceci vaut notamment pour l’achat de viande (29 %) et de pain (35 %).

Les facteurs freinant les achats en produits locaux

Deux difficultés majeures sont énoncées qui freinent l’achat de produits locaux :

  • d’une part, une méconnaissance des produits existants (ce constat rejoint celui d’une enquête menée au niveau national au mois de juillet par le ministère de l’Agriculture)
  • et d’autre part, l’accès limité à une large gamme de produits locaux de qualité en un seul et même lieu permettant ainsi d’optimiser le temps consacré aux courses.

 

62,5 % ne savent pas identifier les produits locaux et ce sont finalement les produits bénéficiant d’un solide marketing qui sont davantage reconnus. Par ailleurs, 45 % et 40 % souhaiteraient respectivement disposer de davantage d’informations sur l’origine et les méthodes de production des produits.

Plus de 58 % des participants achètent la plupart des produits locaux en grandes surfaces. Ces dernières ont su s’adapter aux nouvelles demandes et sont bien réparties dans chacune des communes de la Région Sud permettant à la grande majorité des répondants d’effectuer leurs courses dans leur commune de residence. Cependant, il ressort de l’enquête une demande bien marquée : pouvoir disposer de commerces offrant une plus large gamme de produits locaux de préférence sur leur lieu d’achat habituel (75 % des répondants). Dans ce contexte, 50 % jugent l’idée de magasin collectifs intéressante : pour le produit, ce modèle alternatif offre une meilleure visibilité et pour le consommateur, ce type de commerce lui fait gagner du temps.

Graphique : Les mesures incitatives auxquelles adhèrent les ménages

Les trois qualités recherchées : traçabilité – environnement – santé

Pour trois-quarts des répondants, un produit local peut provenir aussi bien du territoire national hors Région Sud que des communes frontalières : tout en étant synonyme d’ouverture d’esprit grand régional, ce constat renvoie aussi à l’absence d’une identité alimentaire propre à la région de la Minette.

Les participants aspirent aussi à ce qu’un produit local respecte l’environnement et le bien-être animal (une claire priorité pour 38 %) et soit meilleur pour la santé (la priorité pour 32 %). Cependant, seuls 23 % des répondants considèrent une labellisation BIO comme une motivation d’achat. À noter que la notion d’impact environnemental prend plusieurs sens selon les individus : traçabilité et absence d’emballage plastique constituent une forte motivation d’achat pour respectivement 56 % et 50 % des répondants. Une occasion de rappeler qu’il faut éviter de faire l’amalgame entre produits locaux et produits issues de l’agriculture biologique.

Enfin, ce triptyque traçabilité – environnement – santé explique peut-être que 40 % des répondants pratiquent l’autoproduction, essentiellement dans leurs jardins privés mais aussi en jardins partagés. Parmi ces répondants, il y a lieu de souligner qu’un quart sont âgés de 20 à 39 ans ce qui témoigne d’un nouvel intérêt pour cette pratique et semble ainsi ouvrir de belles perspectives pour la vente de proximité.

Les prochaines étapes

Les conclusions mettent en exergue plusieurs axes de développement possibles qu’il convient maintenant d’analyser avec les décideurs et les professionnels pour co-construire un plan d’actions. Certains projets peuvent être mis en place rapidement comme par exemple l’élaboration d’une campagne de publicité régionale avec pour objectif de pallier la méconnaissance des produits et les producteurs/artisans locaux. En revanche, d’autres nécessitent une démarche complémentaire à poursuivre sur 2022.

L’enquête nous renseigne sur :

Méthodologie du sondage

Définition d’un produit local

Autoproduction

Produits locaux du Minett

Habitudes de consommation

A télécharger :

Les résultats de l’enquête :