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Moukebrill / Reifelswenkel à Käerjeng : une zone tampon importante

Ici, l’eau reprend ses droits. Au Moukebrill et au Reifelswenkel, forêts, prairies et zones humides se côtoient dans un paysage où la restauration des habitats naturels contribue à préserver une biodiversité remarquable.

© Marc Weis

Moukebrill / Reifelswenkel : une mosaïque d’habitats naturels

Cette zone tampon est étroitement liée à deux zones spéciales de conservation du réseau Natura 2000 : Fingig – Reifelswenkel (LU0001054), d’une superficie de 90,8 hectares, et Grass – Moukebrill (LU0001070), qui couvre 200,72 hectares. Toutes deux appartiennent à la région biogéographique continentale.

Les zones centrales d’une réserve de biosphère ont pour objectif d’assurer la conservation à long terme des habitats et des espèces d’Europe qui sont précieux ou fortement menacés. Cette démarche repose sur une utilisation durable des terres, conciliant la préservation de la diversité biologique avec les activités humaines.

Forêts, prairies et eau : des habitats précieux

La particularité de cette zone réside dans la diversité de ses habitats.

La zone protégée de Fingig – Reifelswenkel abrite des hêtraies indigènes, des forêts alluviales, des prairies maigres de fauche et des prairies à molinie.

À Grass, au Moukebrill, la forêt joue un rôle encore plus important : la zone comprend notamment 141,2 hectares de hêtraies et 17,72 hectares de chênaies-charmaies, ainsi que d’autres habitats liés à l’eau.

Cette proximité entre espaces forestiers, milieux ouverts et zones humides contribue à la diversité écologique de cette partie de la Minett UNESCO Biosphere.

Moukebrill : redonner sa place à l’eau

L’histoire récente du Moukebrill montre également que les habitats naturels dégradés peuvent être restaurés.

Une parcelle humide de 2,2 hectares avait été drainée vers 1980 dans le cadre d’un remembrement, entraînant la disparition de vastes surfaces de prairies à molinie. Un projet de renaturation mené par la commune, le syndicat de protection de la nature Sicona et le ministère compétent a ensuite visé à supprimer les effets du drainage, à restaurer les prairies et à aménager trois petites mares, notamment pour le triton crêté (Triturus cristatus).

Ces mesures montrent concrètement comment l’action humaine peut aussi contribuer à restaurer des habitats dégradés et à redonner sa place à l’eau dans le paysage.

Reconnecter les paysages

Moukebrill et Reifelswenkel rappellent enfin que les espaces naturels ne fonctionnent pas comme des îlots isolés. La préservation de la biodiversité dépend également des connexions entre les forêts, les prairies, les zones humides et les autres habitats.

C’est précisément l’un des défis du réseau Natura 2000 et d’une réserve de biosphère : préserver des espaces qui permettent aux espèces de se déplacer et aux écosystèmes de fonctionner correctement.

Dans cette zone tampon, préserver la biodiversité signifie donc protéger une mosaïque d’habitats naturels, rétablir les connexions entre eux et, surtout, redonner à l’eau toute sa place dans le paysage.